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Mon coeur, pourquoi ces noirs présages ?

Je suis triste à mourir.

Une histoire des anciens âges

Hante mon souvenir.

Déja l'air fraîchit, le soir tombe,

Sur le Rhin, flot grondant ;

Seul, un haut rocher qui surplombe

Brille aux feux du couchant.

Là-haut, des nymphes la plus belle,

Assise, rêve encore ;

Sa main, où la bague étincelle,

Peigne ses cheveux d'or.

Le peigne est magique. Elle chante,

Timbre étrange et vainqueur,

Tremblez fuyez ! La voix touchante

Ensorcelle le coeur.

Dans sa barque, l'homme que passe,

Pris d'un soudaint transport,

Sans le voir, les yeux dans l'espace,

Vient sur l'écueil de mort.

L'écueil brise, le gouffre enserre,

La nacelle est noyée,

Et voila le mal que peut faire

Loreleï sur son rocher.

Heinrich Heine

 

Loreleï

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Loreleï - le rocher, poême, photos...

Mercredi 16 novembre 2005 3 16 /11 /2005 00:00

 La pauvre Lore Lay
 

L'ascendant qu'exerce la beauté est quelquefois si grand, que le peuple l'attribue à la sorcellerie. Telle est l'histoire de Lore Lay raconté par le poète Clément Brentano:

"A Bacharach, au bord du Rhin, habite une magicienne. Elle est belle et gracieuse. Elle séduit facilement le coeur. Déjà plusieurs hommes ont souffert pour elle. Une fois qu'on est tombé dans ses liens d'amour, on ne peut plus s'en délivrer."

L'évêque la cite devant le tribunal ecclésiastique. Il voulait la condamner, mais il n'en eut pas la force, tant il la trouva belle. "Dis-moi, s'écria-t-il avec émotion, dis-moi, pauvre Lore Lay, qui donc a fait de toi une méchante sorcière?

- Seigneur évêque, laissez-moi mourir. Je suis lasse de la vie; car tous ceux qui me regardent sont
condamnés à souffrir. Le feu magique est dans mes regards, et mon bras est une baguette magique.
Jetez-moi dans les flammes, détruisez mes enchantements.

- Je ne peux pas te condamner avant que tu m'aies dit comment il se fait que ce feu magique ait déjà
pénétré dans mon sein. Je ne peux pas te condamner, car mon cæur se briserait en deux.

- Seigneur évêque, ne vous moquez pas d'une pauvre fille. Priez plutôt, priez pour moi le Dieu de
miséricorde. Je ne veux pas vivre plus longtemps. Je ne peux plus aimer. Condamnez moi à mort. Voilà tout ce que je vous demande. Celui que j'aimais m'a trahi; il s'est éloigné de moi; il est parti pour la terre étrangère. La douceur du regard, le frais incarnat du visage, la suave mélodie de la voix, voilà ma magie.
Moi-même j'en suis victime. Mon âme est pleine de douleur, et je mourrais si je voyais mon image.
Faites-moi donc justice. Laissez-moi mourir. Tout a disparu pour moi dans le monde, depuis que je ne vois plus celui que j'aimais."

L'évêque appelle trois chevaliers: "Conduisez-la, dit-il, dans un cloître, Va, ma belle Lore Lay; que le ciel ait pitié de toi! Tu deviendras nonne, tu porteras la robe noire et blanche. Prépare-toi sur cette terre au grand voyage de la mort."

Les chevaliers partent pour le cloître, et regardent avec tristesse la belle Lore Lay.

"O Chevaliers! s'écrie-t-elle, laissez-moi monter au-dessus de ce rocher. Je veux voir encore une fois la demeure de mon bien aimé; je veux contempler encore une fois les vagues profondes du Rhin. Puis après nous irons au cloître, et je deviendrai la fiancée du Seigneur."

Le roc est taillé à pic, difficile à gravir. Mais elle s'élance rapidement jusqu'à sa sommité, et là, debout, elle s'écrie: " Je vois un bateau sur le Rhin; celui qui guide ce bateau doit être mon bien-aimé. Oui, c'est sans doute mon bien-aimé, et la joie me revient au cæur."
A ces mots, elle baisse la tête et se précipite dans le fleuve. Là s'arrête le chant du poète. Mais le peuple continue la tradition. Il raconte que Lore Lay apparaît encore au milieu du fleuve où elle s'est jetée, comme Sapho. Souvent on la voit à la surface des vagues, tresser ses longs cheveux; souvent, le soir, on l'entend jouer de la harpe et chanter, et ceux qui prêtent l'oreille à ses chants, ne peuvent résister à la magie de sa voix, à la fascination de son regard. Ils abandonnent leur barque et se jettent dans les flots.

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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /2005 07:45

LORELEÏ

Je me demande quel est le sens

Que je sois triste et las

C'est à un conte ancien que je pense

Et qui ne me quitte pas d'un seul pas.

L'air est frais, il se fait nuit,

Et le Rhin suit calmement son cours.

Le sommet de la montagne luit,

Dans la dernière lueur du jour.

Assise est la plus belle jeune fille,

Là-haut, comme émerveillée.

Ses bijoux d'or brillent.

Elle lisse ses cheveux dorés.

Elle les lisse avec un peigne en or

En fredonnant un air charmant,

Qui semble étrange et plus encore,

De par sa mélodie est envoutante.

Le batelier dans son canot chétif,

Est saisi d'un désir sans pareil.

Il ne regarde plus les récifs,

Il ne regarde que vers le ciel.

Je crois que les vagues ont englouti,

A la fin la barque et le batelier.

C'est bien par son chant et sa mélodie,

Ce que la Loreleï a causé...

Texte de Heinrich Heine (1797-1856)

Traduit en Français par Joseph Massaad

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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /2005 08:03

La Loreleï

 

Je ne sais ce que signifie la mélancolie qui m'accable ;

Il est un conte des vieux âges qui ne me sort pas de l'esprit.

L'air est frais,

La nuit tombe et le Rhin coule silencieux ;

Le somment de la montagne s'illumine des rayons du couchant.

Là-haut, merveilleusement belle, la plus belle vierge est assise ;

Sa parure d'or étincelle ;

Elle peigne ses cheveux d'or.

Elle les peigne avec un peigne d'or,

tout en chantant une chanson, d'une mélodie enivrante et funeste.

Le batelier dans sa barque, pris d'un égarement farouche,

Ne voit plus les récifs du fleuve ;

Son regard est rivé là-haut sur la montagne.

Je crois qu'à la fin les vagues engloutissent batelier et bateau ;

Et c'est La Loreleï qui a causé cela avec sa chanson.

Heinrich Heine, Le Retour (1823-1824)

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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /2005 08:21

La Loreley

A Jean Sève,

A Baccharach il y avait une sorcière blonde

Qui laissait mourir d'amour tous les hommes à la ronde

Devant son tribunal l'évêque la fit citer

D'avance il l'absolvit à cause de sa beauté

Ô belle Loreley aux yeux pleins de pierreries

De quel magicien tiens-tu ta sorcellerie

Je suis lasse de vivre et mes yeux sont maudits

Ceux qui m'ont regardée évêque en ont péri

Mes yeux ce sont des flammes et non des pierreries

Jetez jetez aux flammes cette sorcellerie

Je flambe dans ces flammes Ô belle Loreley

Qu'un autre te comdamne tu m'as ensorcelé

Evêque vous riez Priez plutôt pour moi la Vierge

Faites-moi donc mourir puisque je n'aime rien

Mon coeur me fait si mal il faut bien que je meure

Si je me regardais il faudrait que j'en meure

Mon coeur me fait si mal depuis qu'il n'est plus là

Mon coeur me fit si mal du jour où il s'en alla

L'évêque fit venir trois chevaliers avec leurs lances

Menez jusqu'au couvent cette femme en démence

Va t'en Lore en folie va Lore aux yeux tremblants

Tu seras une nonne vêtue de noir et blanc

Puis ils s'en allèrent sur la route tous les quatre

La Loreley les implorait et ses yeux brillaient comme des astres

Chevaliers laissez-moi monter sur ce rocher si haut

Pour voir une fois encore mon beau château

Pour me mirer une fois encore dans le fleuve

Puis j'irai au couvent des vierges et des veuves

Là-haut le vent tordait ses cheveux déroulés

Les chevliers criaient Loreley Loreley

Tout là-bas sur le Rhin s'en vient une nacelle

Et mon amant s'y tient il m'a vue il m'appelle

Mon coeur devient si doux c'est mon amant qui vient

Elle se penche alors et tombe dans le Rhin

Pour avoir vu dans l'au la belle Loreley

Ses yeux couleur du Rhin ses cheveux de soleil

 

Guillaume Apollinaire

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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /2005 08:38

Ne pleure pas Loreleï

 

Ne pleure pas Loreleï

Lorsque Berlin chavire

Quand Brandenburg délire

Jusqu'à nous séparer

Ne pleure pas Loreleï

Lorsque le mur se hisse

Comme une cicatrice

Au ventre d'un pavé

Et vienne Loreleï

De temps en temps

Viens chanter

Viens pleurer

Viens partager

La même lune

La même brume

Que rien n'empêchera

Rien ne changera

Rien...

Ne pleure pas Loreleï

Un jour les coeurs se brisent

Un jour les murs s'épuisent

Et retournent aux pavés

Pour toi

Pour moi

Ne pleure pas Loreleï

Paroles : Jean-Pierre Ferland

Musique : Jean Leccia (1963)

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Mardi 6 décembre 2005 2 06 /12 /2005 19:02

 Loreleï

Mon blues a déjanté sur ton corps animal
Dans cette chambre où les nuits durent pas plus d'un quart d'heure
Juste après le péage assurer l'extra-ball
Et remettre à zéro l'aiguille sur le compteur.
Ton blues a dérapé sur mon corps de chacal
Dans cet hôtel paumé aux murs glacés d'ennui
Et pendant que le lit croise l'aéropostale
Tu me dis "Reprends ton fric. Aujourd'hui c'est gratuit."



Lorelei, Lorelei
Ne me lâche pas j'ai mon train qui déraille
Lorelei, Lorelei
Et je suis comme un cobaye qui a sniffé toute sa paille



Tu m'arraches mon armure dans un geste un peu lourd
En me disant "Reviens maintenant je te connais.
Tu me rappelles mes amants rue barrée à Hambourg
Quand j'étais l'orpheline aux yeux de feux follets.
Tu me rappelles mes amants perdus dans la tempête
Avec le cœur-naufrage au bout des bars de nuit."
Et tu me dis "Reviens je suis ton jour de fête.
Reviens jouir mon amour dans ma bouche-agonie."


Lorelei, Lorelei
Ne me lâche pas j'ai mon train qui déraille
Lorelei, Lorelei
Et je suis comme un cobaye qui a sniffé toute sa paille



Le blues a dégrafé nos cœurs de cannibales
Dans ce drame un peu triste où meurent tous les Shakespeare
Le rouge de nos viandes sur le noir sidéral
Le rouge de nos désirs sur l'envers de nos cuirs
Et je te dis "Reviens maintenant c'est mon tour
De t'offrir le voyage pour les Galapagos."
Et je te dis "Reviens on s'en va mon amour
Recoller du soleil sur nos ailes d'albatros."


Lorelei, Lorelei
Ne me lâche pas j'ai mon train qui déraille
Lorelei, Lorelei
Et je suis comme un cobaye qui a sniffé toute sa paille


Paroles : Hubert-Félix Thiéfaine

Musique : Claude Mairet

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